Archive for 24 mars 2014

MANIFESTE POUR UN PROJET DE LUTTE CONTRE L’EXCLUSION

Les politiques actuelles en matière de lutte contre l’exclusion ne sont pas à la hauteur des enjeux qui se présentent à nous. Pourtant, ce qui est en cause, derrière la lutte contre l’exclusion, c’est l’existence même de notre système démocratique. L’incapacité à lutter contre la pauvreté et le chômage, la croissance explosive des inégalités, la paralysie totale de notre fameux « ascenseur social », une scandaleuse inégalité des chances… autant d’enjeux qui, s’ils ne sont pas adressés, ne permettront en aucune façon de surmonter l’immense crise de confiance civique que traverse notre pays.

Face à un pouvoir qui n’aura mis que 18 mois pour abandonner toutes ses ambitions en la matière, dans une France où seuls les rentiers de toute sorte et les « malins » ont des chances de s’en sortir, nous devons répondre par un projet fort, fédérateur, motivant. Nos propositions ne peuvent se limiter à faire mieux que le gouvernement actuel. Elles doivent porter une rupture, un vrai changement qui donne envie de partager, de s’associer, de militer et enfin de voter !

Un seul mot peut résumer ce dont la France a besoin : « OSONS ».

OSONS proposer une véritable transformation sociale pour modifier en profondeur les rapports entre l’Etat et la société civile. C’est-à-dire sortir d’une alternative stérile entre l’individu et l’Etat.

OSONS proposer de combattre la pauvreté, non par la multiplication des dépenses sociales, mais par la mobilisation des bonnes volontés, des associations de terrain, des organisations caritatives.
OSONS affirmer que, à côté des structures publiques, des prestataires externes apporteront renouvellement des idées et des pratiques, saine émulation, nouvelles coopérations.

OSONS porter une vision de l’homme basée sur la confiance en sa capacité à agir en responsabilité.

OSONS reconnaître l’apport de l’économie sociale et solidaire comme un système en complémentarité évidente avec l’économie de marché, cette dernière qui montre tous les jours sa capacité à créer de la richesse mais son incapacité à la redistribuer.

OSONS rappeler la place du travail comme une source majeure d’épanouissement, d’enrichissement et d’inclusion dans un mouvement collectif.

C’est dans cette perspective de changement radical d’approche que notre projet doit porter des actions qui agissent à chaque étape du processus d’exclusion : anticiper pour éviter l’exclusion ; soutenir les exclus ;favoriser la sortie de l’exclusion. En ce sens, des réponses fortes doivent être apportées à des interrogations majeures :

• Comment favoriser le potentiel des personnes pour prévenir le décrochage scolaire source principale de l’exclusion ?
• Quelle nouvelle architecture pour une sécurité sociale et économique adaptée aux enjeux du XXIè siècle ?
• Comment développer de nouveaux modèles économiques alternatifs portés par la société civile ?
• Comment rétablir l’égalité des chances permettant aux plus faibles de retrouver confiance et estime d’eux-mêmes ?
• Comment réorienter l’épargne privée vers des projets d’entrepreneuriat social et solidaire ?
• Comment mieux intégrer de nouvelles populations dès lors qu’elles adhérent à nos valeurs républicaines et peuvent nous apporter un nouveau dynamisme ?

Nous vivons des temps de crise d’une extrême gravité qui dépassent et de loin la simple crise économique et financière. Que risquons-nous à reprendre à notre compte un projet de rupture ? « Nous devons toujours viser la lune car en cas d’échec on se retrouve dans les étoiles » (Wilde).

Renaud Vignes
Nous Citoyens

Diner-Débat du 2 avril 2014: Aymeric Patricot

Nouvelle Démocratie locale

Le président Robert Malatesta

Les membres du conseil d’administration,

Ont le plaisir de vous inviter au diner-débat organisé Au mess militaire-fort Ganteaume,

2, Bd Charles Livon-13007 Marseille

Mercredi 2 avril à 19H30

Aymeric Patricot,

Professeur, écrivain diplômé de l’EHESS et de HEC

 

Apéritif d’accueil à partir de 18H30

Au cours duquel l’auteur dédicacera son ouvrage

 « Les petits blancs »

Modérateur

Jean-Claude Ricci

Professeur des universités, ancien Directeur de l’I E P d’Aix

 

Apéritif d’accueil à partir de 18h30, suivi du diner- Participation 30 €

(Parking sécurisé et gratuit à l’intérieur du fort)

 

Ecouter, ne pas écouter ? Qui jugera les juges ?

 Les « grandes oreilles » judiciaires braquées sur Nicolas Sarkozy ont suscité une de ces tempêtes médiatiques dont les Français sont friands vu que c’est une des seules nourritures médiatiques qui leur soient offertes au sein d’une pauvreté intellectuelle générale.

De quoi s’agit-il ?

D’écoutes téléphoniques décidées par des juges dans le cadre d’une enquête judiciaire préliminaire afin de trouver des éléments permettant d’établir l’existence d’infraction(s). En soi, le procédé, s’il est très bien encadré, ne saurait être blâmé : c’est ainsi que sont tombés nombre de malfrats et leurs réseaux divers.

Où est le problème aujourd’hui ?

Il est triple.

D’abord, ce n’est pas vrai qu’un ancien président de la république n’est absolument et complètement qu’un citoyen comme un autre. Cela est vrai à certains égards certes mais pas à tous. Du fait de ses fonctions passées il a accédé à certaines informations, détient des secrets ou, en tout cas, des éléments sensibles, peut communiquer avec des chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers, etc. Toutes ces choses ne sauraient être entendues de n’importe qui, fût-il un technicien agissant sur ordre d’un juge, notamment parce qu’elles ne concernent pas que l’ancien chef de l’Etat mais encore d’autres personnes qui peuvent être, par exemple, le secrétaire général de l’ONU, Mme Merkel, M. Obama ou le Pape….

Ensuite, en l’espèce, il s’agit d’écouter les conversations téléphoniques entre deux avocats car l’on oublie que si M. Sarkozy est le client de Maître Herzog, il est aussi lui-même, jusqu’à preuve du contraire, avocat inscrit au barreau… C’est là que l’affaire se corse. Pour écouter un avocat il faut, avant  même d’intercepter ses conversations, posséder des éléments concrets de suspicion. C’est là la grande différence avec les écoutes d’une personne lambda : pour cette dernière, les écoutes peuvent servir à découvrir des éléments, tandis que l’écoute des personnes tenues au secret est subordonnée à l’existence, préalablement aux écoutes, d’éléments suffisants de suspicion. Ici, le moins que nous pourrions exiger est la révélation publique des éléments circonstanciés sur la base desquels ont été ordonnées des écoutes.

Enfin, il y a un sérieux problème dans notre organisation judiciaire dont on ne parle que trop peu. En cas de dérapages dans l’exercice du pouvoir du juge (les écoutes dans la présente affaire mais ce pourraient être bien d’autres choses : garde à vue ou mise en examen, etc.), on nous dit – Mme Taubira en tête – qu’il existe des voies de recours possibles à ceux qui se prétendraient victimes de ces dérapages. Des recours ? Devant qui ? Devant des juges de même catégorie que ceux dont le comportement est dénoncé ! C’est tout de même assez fort. Dans tous les organismes où des personnes sont jugées par des pairs (fonctionnaires, élèves et étudiants, militaires, sportifs, avocats, notaires, médecins, etc.), en appel ou en cassation intervient un juge d’une tout autre espèce : la Cour de cassation ou le Conseil d’Etat en général. Même les parlementaires connaissent cette règle au moins au stade de l’instruction. Pourquoi seuls les juges échapperaient à cette loi qui est universelle parce qu’elle est de bon sens. Il y a plus de deux mille ans, le poète satirique romain  Juvénal s’interrogeait déjà : « Qui gardera les gardiens » ?

Eh oui : « Qui jugera les juges » ?

 Jean-Claude RICCI

 Professeur des universités

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