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Considérations sur la métropole….

par M. de Montesquieu en son château de La Brède

Je veux vous parler aujourd’hui de nos bons provençaux, qui s’agitent à leur habitude, mais cette fois, me semble t-il, pour de solides raisons, au point qu’ils en ont appelé au roi François.

Vous savez que nos parisiens toujours mutins, après avoir coupé la tête du bon roi Louis le 16eme, ont donné son numéro au quartier le plus huppé de leur capitale, et élisent désormais un roi pour 5 ans, parfois 10, mais jamais plus pour n’être pas tentés de le raccourcir à nouveau par lassitude.

Bref, le bon François, sans numéro, par cette novelleté de la chose publique, a dépêché la Duchesse de la Branche auprès de ses sujets de l’embouchure du Rhône pour résoudre leurs émois. Sa Grâce les a trouvés fort remontés, aux cris de Et moi, et moi.

Le service des diligences est en place dans chaque bourg, sans qu’il soit possible de passer de l’un à l’autre, ce qui est fort incommode pour ceux qui vont au labeur, et, mécontente fort ceux qui ne font mie.

Les Français, trop pauvres pour disposer d’un gynécée convenable, sont obligés de faire travailler la seule épouse qu’ils sont en droit de posséder, ce qui ne manque jamais de me surprendre : qu’un peuple si frivole soit aussi inconséquent ! Il n’est dès lors que récriminations sur le manque de garde pour leurs marmousailles car les maisons empilées les unes sur les autres, qu’ils sont obligés d’habiter par impécuniosité, en sont fort dépourvues.

L’abordage des navires marchands se disperse sur les ports côtiers aux dépends de Marseille, les marchandises se gâtent ou s’égarent faute d’un charroi organisé et de routes suffisantes que chacun réclame ardemment mais en gardant ses clicailles, tandis que la dispute fait rage entre les villes à propos de l’octroi.

Grâce à Allah, le grand, le miséricordieux, il en faut plus pour décourager une Duchesse de la Branche. Elle est allée prendre le chocolat avec la marquise d’Aix, le café avec le Comte du Salon et, croyant gouter la célèbre tisane d’anis avec Son Auguste Tranquillité le Prince de Marseille, il ne lui offrit que de l’eau bénite.

La Marquise d’Aix lui fit entendre que tout était possible dès lors que l’on ne confondrait pas une noble et ancienne ville de gens de robe avec une ville d’enrichis par le commerce des barriques. Bien sûr, le nom de sa ville apparaîtrait dans la dénomination de cette  » métropole « , qu’importe qu’elle parût, ainsi, avoir deux pôles, la terre aussi !!!! Il était inutile de préciser qu’elle entendait que cette novelleté épargnerait ses pécunes. Elle le souligna.

Le Comte du Salon écouta en silence, ne répondit que par des moues, froissé de subir le déclin du savon, et daigna sortir de son mutisme pour préciser qu’il n’engagerait point ses écus au delà de ses murailles.

Le Prince de Marseille, bon Prince s’il en fut, s’indigna de payer pour le terrain du jeu de balle, qui fait fureur ici, les hospices, qui lui occupent des bâtiments dont il pourrait faire des hostelleries de prestige pour les riches voyageurs, s’il ne devait y accueillir tous les malades et nécessiteux de la Bouche du Rhône, assurant en outre l’entretien des routes qui les amènent, avec les seules tailles et gabelles de sa pauvre cité, sans l’aide de ses voisins aussi avares et profiteurs que résolus à le rester. Oh! Bonne mère! Conclut-il du fond de son désespoir.

Ayant parfaitement saisi ce dont il retournait, la Duchesse de la Branche s’en retourna proposer au roi un édit lumineux:

Il suffisait seulement de créer une communauté nouvelle qui emprunterait quasiment tout le territoire du comté de la Bouche du Rhône et s’emparerait de ses pouvoirs, en excluant le pays d’Arles qui guigne vers Avignon, et la Camargue pour ses moustiques, évitant ainsi, sans le dire, de bailler monnaie pour le pèlerinage des roumanilles aux Saintes Maries de la mer, pour lequel les esprits sont curieusement échauffés aujourd’hui.

Cette communauté maintiendrait tous les baillages en les privant de leurs coutumes particulières mais en créant un grand conseil des baillis pour faire à l’occasion bonne chère. Elle dissoudrait totalement les suzerainetés d’Aix, Salon, Martigues et Marseille qui regroupent leurs bourgs vassaux, tout en promettant de les faire renaitre sous un autre nom, mais amputées de leurs droits d’hommage sans préciser à quelle hauteur.

Tous les manants employés aux routes et autres propretés seront fondus dans une armée unique sous la bannière  » Finir d’abord, Partir toujours ».

Cette communauté prendra sur son territoire tous les pouvoirs de la province de Provence, ne lui laissant que la transhumance d’Arles aux montagnes basses et hautes vers l’Italie. Enfin, pour assurer la parfaite harmonie de la nouvelle communauté et les picaillons nécessaires aux banquets indispensables à sa convivialité, tous les impôts lui seront désormais affermés, le rebut, sil y en a, ira aux routes et au développement du négoce

Révélé à tous les baillis et officiers royaux en séance solennelle par la Duchesse, le parchemin de l’édit fut aussitôt contesté par 120 des 130 baillis concernés aux cris de  » faut pas nous prendre pour des lyonnais! »

Ravie et rassurée d’une telle unanimité, toutes factions confondues, grande rareté en la matière, jamais obtenue avant elle, Madame de la Branche, félicitée par le roi, porta son édit au parlement qui l’adopta dans l’enthousiasme, grâce au soutien inattendu du Prince de Marseille, peu porté à soutenir le roi, grattant au passage quelque avantage pour ses propres échevins.

Dans sa grande sagesse le Roi en a aussitôt repoussé l’application et les érudits pensent 10 ou 15 ans nécessaires pour la plénitude de sa réalisation. C’est ainsi, Monsieur mon cher frère, que fonctionne ce nouvel usage de gouvernement en la doulce France, où le parlement, dont les membres ne payent plus leurs charges, mais sont payés grassement par elles, au point qu’ils sont fort gourmands de les cumuler, le parlement donc, vote des lois pour régir les baillis tandis que ceux-ci, également élus, et non moins après aux charges et cumuls locaux, les rejettent aussitôt et absolument.

C’est là, il faut m’en croire mon frère, un immense progrès que la France montre au monde, issu des travaux de notre cher Voltaire et de ses amis des lumières, qu’il est urgent d’initier en notre Perse qui elle aussi peut prétendre à la démocratie et qui ne saurait désormais vivre sans métropole.

Je vous embrasse mon cher frère et vous promets de vous conter la suite des aventures de cette nouvelle démocratie locale qui va nous offrir bientôt de gourmandes élections.

 

Pour Montesquieu

p.o Gilles Amat

 

AIX-MARSEILLE METROPOLE : UNE CHANCE ?

Encore une soirée réussie pour NDL !

Salle nombreuse et de qualité, jeudi 21 novembre pour le dernier diner-débat de l’année autour du thème :

« Aix-Marseille Métropole : Une Chance ? »

Dîner débat : AIX-MARSEILLE METROPOLE : UNE CHANCE ?

Dîner Débat NDL Fort Ganteaume

 

A la tribune, autour de Robert Malatesta, Président de l’association, et animateur du débat, avaient pris place :

Jean-Claude Ricci, vice-Président de NDL, Professeur des Universités, ancien directeur de l’IEP d’Aix, principal orateur de la soirée, et les deux « grands témoins » invités :

-Alain Comba, membre de l’Union départementale du syndicat Force Ouvrière ;

-Alain Gargani, Président de la C G P M E  13.

A noter que quelques  élus locaux  étaient présents   à titre personnel, de même que  des fonctionnaires territoriaux, des juristes éminents et quelques membres bien connus du barreau de Marseille…Tous intéressés au plus haut point par le sujet !

Avec Robert Malatesta,  NDL était également et notamment représentée par ses vice-Présidents : Roland Roger, Gérard Canovaggio, et des membres du bureau et du CA…Charles Vigny, Arnaud Lami, Armand Benichou, Martine Cros, Eric Demech, Drs Michel Garnier et  Guy Susini, le recteur Jacques Pantaloni…

Les  interventions de haute tenue des différents orateurs, suivies d’un très riche échange  avec la salle, permirent à l’ensemble des participants de mieux appréhender la complexité et les enjeux du projet de la future métropole.

Chacun s’en retourna fort tard dans la soirée, convaincu que le chemin serait  certes encore long et semé d’obstacles, mais que le projet de Métropole méritait, au-delà des ajustements et améliorations encore nécessaires, d’être mené à bien dans l’intérêt général des citoyens de Marseille et de ceux de notre Région.

NDL

PS : Suivez notre actualité… et retrouvez les photos et les extraits filmés de ce dîner-débat (réalisés avec talent et bénévolement par Eric Chavet) sur notre site :

ndl-marseille.com

Dîner-débat: « Aix-­Marseille métropole : une chance ? »

Nouvelle Démocratie locale

Le président Robert Malatesta

Les membres du conseil d’administration,

Ont le plaisir de vous inviter au diner-débat organisé Au mess militaire-fort Ganteaume,

2, Bd Charles Livon-13007 Marseille

Jeudi 21 novembre à 19H30


Jean-Claude Ricci

Professeur des universités – Ancien directeur de l’IEP d’Aix

interviendra sur le thème

« Aix-­Marseille métropole : une chance ? »

 

Deux grands témoins représentants du monde de l’entreprise et du monde syndical participeront également à notre  soirée.

Des informations complémentaires vous seront adressées ultérieurement, mais pour des raisons de bonne organisation, merci de vous faire inscrire, dès à présent, au moyen du bulletin joint à ce message

Apéritif  d’accueil à partir de 19h, suivi du diner- Participation 29 €

(Parking sécurisé et gratuit à l’intérieur du fort)

 

Nouvelle Démocratie Locale

Dans les prochains jours, réunion de rentrée pour les membres du Conseil d’administration de NDL.
Un programme de travail très chargé attend les responsables et les nombreux membres de l’association.
Tous les amis et sympathisants qui nous apportent leur soutien, sont impatients de connaître le calendrier de nos dîners-débats, et nos initiatives.
En préparation, d’ores et déjà, une réflexion sur le « clientélisme » et ses différentes formes dans notre démocratie, et un point juridique et politique sur la future Métropole.
Par ailleurs, NDL affinera ses positions et propositions, sur le fonctionnement de la Démocratie Locale et l’avenir de Marseille.
À bientôt,
Cordialement,
Robert Malatesta
Président de NDL

Projet de Métropole

Nouvelle Démocratie Locale s’est prononcée dès sa création en faveur de l’émergence d’une Métropole, à l’instar d’un certain nombre d’acteurs politiques et de membres de la société civile. L’actualité récente, et l’accélération de prises de position diverses, amènent l’association et ses fondateurs à réagir:
Tout d’abord sur la «nouvelle hypothèse» de 16 maires à Marseille.
De quoi parle-t-on? S’agit-il de «nouveaux maires» disposant de larges pouvoirs? Ou de maires de secteur tels que nous les connaissons aujourd’hui ?
Dans tous les cas ce ne serait ni sérieux ni même praticable et cela aboutirait à «atomiser» Marseille.
Ce dont les habitants de notre Région et de Marseille ont besoin, c’est d’une Ville Capitale, d’une Aire Urbaine, avec une gouvernance forte, c’est-à-dire :
➢ Un ensemble de communes fédérées autour de la capitale régionale, avec conservation, par chacune, d’un nombre significatif de compétences propres ;
➢ Le transfert à la gouvernance centrale de toutes les compétences nécessaires à la marche de l’ensemble dans une direction unique, rationnelle et cohérente: voirie, réseau, transports, politique d’accessibilité, système hospitalier, eau, assainissement, déchets, enseignement secondaire et supérieur, environnement, grands équipements structurants, développement économique, PLU, etc.
C’est le schéma adopté par toutes les grandes Métropoles en Europe, et celui que nous attendons depuis si longtemps pour le développement de Marseille et son proche environnement!
Les prises de positions, les atermoiements et les postures locales de tout bord qui ignorent l’intérêt général et la défense du bien public, risquent hélas d’inciter le gouvernement à décider dans l’urgence, au risque de voir émerger un projet inadapté et difficile à mettre en œuvre.
Une fois de plus Marseille et ses habitants, et pour longtemps, en seraient injustement pénalisés!

Métropole? Un outil nécessaire, mais pas suffisant!

Nouvelle Démocratie Locale s’est engagée depuis longtemps pour la création d’une Métropole.
Ses groupes de travail internes, ses prises de position et ses débats publics avec le concours d’experts extérieurs, s’efforcent de faire avancer la réflexion collective sur le sujet.
Cependant, pour Nouvelle Démocratie Locale, la Métropole quelle que soit la forme institutionnelle qui sera choisie ne sera pas la panacée. C’est pourquoi NDL se battra sans relâche pour améliorer le fonctionnement de la démocratie locale.
En luttant pour un bon usage de l’argent public; un rééquilibrage des pouvoirs entre les exécutifs locaux les assemblées délibérantes et l’administration; l’émergence d’une culture de l’évaluation des politiques publiques; la clarification des compétences et la lisibilité des décisions; la lutte contre le communautarisme et le respect de la Laïcité; la lutte contre le cumul des mandats, si nécessaire au-delà des règles fixées par le législateur; l’écoute et la prise en compte de la parole des citoyens directement et à travers leurs associations représentatives…
La liste n’est pas exhaustive, et chacun voit bien que le chemin sera long et difficile!
Mais Nouvelle Démocratie Locale a fait le pari de l’emprunter, pour remettre le citoyen au centre de la Décentralisation.

Robert Malatesta

Nouvelle Démocratie Locale veut peser dans le débat politique

La Provence parle de NDL

L’article de La Provence

Je ne roule pour personne; cette association Nouvelle démocratie locale (NDL) est un acte de liberté absolu que j’ai voulu créer avec des représentants de la société civile pour peser dans le débat politique. J’ai souhaité la diversité pourmieux rassembler ; nous avons pour dessein d’essayer de casser le système, d’ouvrir des brèches… ». Ainsi s’exprime avec passion Robert Malatesta, un homme qui connaît bien la politique locale pour y avoir exercé de nombreuses fonctions: directeur du secrétariat particulier du maire Gaston Defferre, directeur-adjoint du cabinet du maire Robert P. Vigouroux, ancien membre de la SFIO, du PS, directeur de campagne de Jean-Noël Guérini pour les municipales de 2008, ancien haut fonctionnaire au Conseil général, actuel 1er adjoint à la mairie des 2e-3e arrondissements et conseiller communautairedans lamajorité du président PS de MPM, Eugène Caselli. Aujourd’hui, celui qui se présente en « homme libre, inféodé à aucun parti politique », est un élu au discours atypique qui a su fédérer des personnes d’horizons différents au sein du collège des fondateurs de NDL: Jacques Ansquer, Armand Benichou, Monique Cordier, Martine Cros, Jacques Pantaloni, Marcel Paoli, Vincent Paulez, Jean-Claude Ricci, Roland Roger, Guy Susini, Charles Vigny, Cécile Vignes, Clément Yana ou encore Gérard Zolezzi.

Tous ensemble, et au-delà de leur diversité, ces Marseillais ont envie de « secouer le cocotier ». A ce jour, cette association n’a pas pour vocation de devenir un parti politique de plus mais plut.t d’administrer quelques rem.des pour soigner une démocratie locale parfois malade. Dans le débat actuel sur la métropole puis dans celui déjà entamé sur les municipales 2014, Robert Malatesta et ses amis veulent se faire entendre.

Une charte des valeurs fait office de « programme ». « Nos souhaits: promouvoir et défendre les valeurs et principes fondamentaux de la démocratie, refuser tout extrémisme de la personne humaine et de son éminente dignité, exiger la transparence dans toutes les décisions des collectivités locales, privilégier l’intérêt général, refuser les compromis qui dénaturent les projets… » Un véritable laboratoire d’idées. Et sujet, ô combien d’actualité pour NDL: oeuvrer à la limitation du cumul des mandats électifs et des fonctions exécutives dans les collectivités et les organismes proches de celles-ci, en allant « au-delà des règles restrictives fixées par le législateur ». « C’est à ce prix que la démocratie locale connaîtra un souffle nouveau et que la classe politique sera renouvelée », notent les responsables de l’association. A droite comme à gauche, certains candidats à la candidature aux prochaines élections pourraient bien se rapprocher de NDL.

Éric ESPANET (La Provence)

Ne faisons pas une Métropole petit bras

Le premier ministre a annoncé lors du comité interministériel du 6 septembre 2012 que l’agglomération marseillaise (1,8 M habitants) devait  cheminer vers la solution de la métropole.

Le relevés de décisions du comité interministériel rappelait la division actuelle en 6 structures intercommunales et envisageait une seule agglomération avec  plusieurs pôles, ayant pour compétences notamment les transports urbains, l’environnement, le développement économique, l’enseignement supérieur, la rénovation urbaine.

L’opposition de nombreux élus locaux soucieux de conserver leurs prérogatives  semble faire reculer le gouvernement.

Il apparait ainsi que la réflexion (la Provence du 8 novembre) porterait aujourd’hui sur la disparition des communautés d’agglomération actuelles avec des pouvoirs renforcés aux maires qui retrouveraient une compétence sur la propreté et sur la voierie.

Tout cela est fort regrettable et pourrait conduire à de l’inefficacité préjudiciable à l’intérêt général.

Le maire est naturellement l’interlocuteur de proximité mais confier la propreté  à des maires de secteurs à Marseille serait certainement  déraisonnable compte tenu de la faiblesse de la structure administrative.

Quant à la voirie il est bien clair que voirie circulation et transports sont des compétences indissociables.

La réalisation d’une ligne de tramway décidée par la métropole peut-elle  se heurter à l’opposition d’une commune propriétaire de la voirie ? Ce serait une situation ubuesque.

Respect des communes, conforter les compétences de proximité des maires cela va dans le bon sens, mais de grâce bâtissons une métropole qui pourra élaborer des  projets d’envergure,  construisons une vraie  capitale européenne  autonome dans ses décisions et ses compétences vis-à-vis des communes.

Charles Vigny

Marseille métropole : gadget, danger ou panacée?

Depuis qu’en 2010 la loi a prévu pour les plus grandes villes françaises et leur environnement  la possibilité d’opter pour le statut de « métropole », la polémique n’a cessé d’enfler concernant le cas de Marseille. L’association Nouvelle démocratie locale vous en dit plus.

Métropole ? Vous avez dit « Métropole » ?

La gestion d’ensembles urbains importants est complexe car il y a plusieurs autorités intervenantes, les besoins sont non seulement divers mais aussi enchevêtrés et parfois contradictoires. Pour toutes ces raisons la loi a prévu un mode particulier de gouvernement de ces entités vastes et peuplées, c’est l’objet de l’institution de la métropole.

A la question de savoir à quoi sert concrètement la métropole, il est facile de répondre : à mieux gérer la complexité, à rationaliser le processus de prise des décisions et leur contenu, à éviter les « doublons », à insuffler du dynamisme, à créer un espace plus global où chaque collectivité peut s’insérer assez équitablement.

 

La métropole n’est pas la panacée.

La métropole n’est pas la panacée, d’abord parce qu’il n’est au pouvoir d’aucune réalisation humaine d’être complète et de tout prévoir, ensuite, parce que la métropole c’est un instrument, un moyen mais non une fin.

C’est ensuite après la création de la métropole, qu’il appartient aux élus et à la population de s’emparer de cet outil pour le faire vivre et le mettre au service de tous. Cela s’obtient par une utilisation plus judicieuse des deniers publics, une meilleure coordination entre les divers projets urbains (transports, eau, réseaux, urbanisme, santé publique, éducation…), une amélioration substantielle de la collaboration entre les services publics et les entreprises. Surtout, la métropole permet aux décideurs publics de disposer d’une marge de manœuvre importante en raison de la taille critique atteinte par une métropole. C’est pourquoi le législateur a mis la barre assez haut pour accepter la création des métropoles françaises.

Marseille est une métropole disputée.

Au regard de la loi, il ne fait aucun doute que l’aire d’agglomération que constituent Marseille et une quinzaine de villes alentour satisfait à tous les critères fixés par les textes pour que soit créée une métropole dans cet espace urbain.

Il faut mettre à part Paris qui relève d’un statut spécifique pour plusieurs raisons et qui est, depuis longtemps, une métropole de fait (existence d’un syndicat des transports parisiens, organisation particulière de la région Île-de-France, projet du « Grand Paris », etc.).

Toutes les grandes villes françaises ont opté pour la forme de la métropole. D’où la focalisation sur Marseille puisqu’aucune décision n’a, pour l’instant, créé cette métropole marseillaise.

Où est, alors, le problème ?

Pour simplifier, il est double : d’un côté, c’est l’éternelle attirance-répulsion du « gros » et du « petit », de l’autre côté, il y a les conséquences politiques de la création d’une métropole.

En premier lieu, il n’est pas douteux que Marseille c’est un gros morceau et que Marseille est une ville pauvre. La métropole est susceptible de comprendre, outre Marseille, une quinzaine de villes, dont Aix-en-Provence, superbe fleuron provençal, réputée riche, qui a une image internationale très flatteuse. Peu ou prou, il y a deux craintes chez les autres communes : d’abord, la crainte de se faire « manger » par Marseille, de s’y dissoudre, d’y perdre son âme, car aucune n’est de taille à faire jeu égal avec elle, ensuite, la crainte de s’appauvrir pour voler au secours de la métropole en grand péril économique et social. En somme, il est reproché de construire une usine à gaz qui ne servirait à rien car le pauvre ne deviendra pas riche et les riches s’appauvriront.

En second lieu, il est certain que par son poids économique, son étendue, ses finances, son budget, ses agents, etc., Marseille métropole changerait fortement la donne aussi bien dans les rapports avec les intercommunalités qu’avec les collectivités départementale et régionale. Surtout que, à terme et inéluctablement, comme on le voit ailleurs dans le monde, la métropole a vocation à devenir une collectivité territoriale pure et simple se substituant à l’ensemble de ses composantes et difficilement contournable par le département ou même la région.

L’avenir est  pourtant à la métropole.

Il ne faut pas nier les risques et les difficultés d’une telle entreprise. Cependant, la raison devrait l’emporter car tel est le sens de l’histoire.

Marseille a trop longtemps tourné le dos à la terre quand sa richesse venait de la mer. Aujourd’hui, cette mer ne fait plus la force de Marseille. Il lui faut établir des solidarités puissantes avec tout son environnement. Non seulement, il faut aider Marseille mais une Marseille forte, en retour, apportera énormément à toute la conurbation concernée. Il faut arrêter la misérable comptabilité des gains et des pertes, la crispation sur un patriotisme communal aussi vain que les réflexes identitaires et la discrimination envers une ville qui ne mérite pas, loin s’en faut, cet excès d’indignité.

Le gouvernement, qui, par nature, voit les choses de plus haut et pour le long terme, a clairement annoncé la couleur. Il y aura une métropole et si celle-ci ne se fait pas sur une base volontariste, ce sera la solution d’autorité, c’est-à-dire le recours à la loi. Manière de dire que l’enjeu est trop important pour que l’on puisse prendre le risque de rater ou de mal engager l’aventure de la métropole pour Marseille.

Jean-Claude RICCI

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